- OCTOBRE 2014 -
La vie de tournée ne m'enchantait guère. Je regardais Paul gratter les cordes de sa Gipson Les Paul, toujours admirative devant son acharnement à vouloir tout bien faire. Le groupe de mon mari préparait leur tournée d'adieu et une tension malsaine été palpable. Till était sur les nerfs, s'en prenant après tout le monde, et plus particulièrement sa compagne. Richard quant à lui, s'en fichait complètement, de toute évidence, il avait mieux à faire. Heureusement pour Rammstein, Flake, Oliver et Doom portaient à eux 3 la lourde tâche de faire tourner le groupe dans les meilleures conditions.
Moi? Je participais passivement à la faible lueur d'entente restant encore au sein de la fratrie. Combien de fois m'était-il arrivé de séparer untel ou untel, pendant une discussion plus que mouvementée ? Combien de fois m'étais-je retrouvée au beau milieu d'une altercation où les deux protagonistes me demandaient, à l'unisson "est-ce que j'ai tort ??". Bien sûr, étant moi-même une pacifiste de nature, soit je fuyais, soit je prenais parti pour 'le plus offrant', ce qui était, pour la plupart du temps, soit mon mari, soit Till, qui lui, m'impressionnait.
La vie de tournée ne m'enchantait guère. Je regardais Paul gratter les cordes de sa Gipson Les Paul, toujours admirative devant son acharnement à vouloir tout bien faire. Le groupe de mon mari préparait leur tournée d'adieu et une tension malsaine été palpable. Till était sur les nerfs, s'en prenant après tout le monde, et plus particulièrement sa compagne. Richard quant à lui, s'en fichait complètement, de toute évidence, il avait mieux à faire. Heureusement pour Rammstein, Flake, Oliver et Doom portaient à eux 3 la lourde tâche de faire tourner le groupe dans les meilleures conditions.
Moi? Je participais passivement à la faible lueur d'entente restant encore au sein de la fratrie. Combien de fois m'était-il arrivé de séparer untel ou untel, pendant une discussion plus que mouvementée ? Combien de fois m'étais-je retrouvée au beau milieu d'une altercation où les deux protagonistes me demandaient, à l'unisson "est-ce que j'ai tort ??". Bien sûr, étant moi-même une pacifiste de nature, soit je fuyais, soit je prenais parti pour 'le plus offrant', ce qui était, pour la plupart du temps, soit mon mari, soit Till, qui lui, m'impressionnait.
Alors que je scrutais mes ongles, assise tranquillement dans les gradins, la
musique s’arrêta, et un gros 'pouf' vint me tirer de mes pensées. Puis, une
main sur ma cuisse. Je reconnus la gourmette épaisse de Paul, et je le regardai
alors, souriant. Malgré l'épuisement, creusant d'avantage les rides qui
ornaient le bord de ses yeux, il continuait de donner de sa personne pour
satisfaire les admirateurs de Rammstein. Je le vis rapprocher sa joue, mimant
un comportement enfantin -qu'il avait naturellement d'ailleurs- puis me demanda
de lui faire un bisou. Je lui offris ce qu'il attendait, et il repartit sur scène,
l'air apparemment revigoré.
Cela faisait maintenant près de 2 heures que j’observais le groupe donner le
minimum d’eux même, voulant se réserver pour le concert à venir, et je dus
m’avouer que la lassitude me rongeait. Pour moi, cette vie était une routine,
même si pour des personnes ‘ordinaires’, je n’aurais tout juste le droit de me
plaindre. Je comprenais bien, lorsque mes amies me disaient, d’un air tout à
fait détaché, que je faisais ma fifille pourrie gâtée, mais ce brouhaha ne
correspondait plus à mes attentes.
Je contemplai, depuis maintenant plusieurs minutes, ma montre, espérant que les heures passent plus vite, mais je me leurrais. Ce n’était qu’au bout d’une vingtaine de minutes, que je vis Paul me rejoindre, suivi de près par un Till tout dégoulinant de sueur, et un Flake plus qu’amusé. Instinctivement, je me levai et les félicitai pour leurs efforts, ce qui fit rire Flake qui s’exclama :
Je contemplai, depuis maintenant plusieurs minutes, ma montre, espérant que les heures passent plus vite, mais je me leurrais. Ce n’était qu’au bout d’une vingtaine de minutes, que je vis Paul me rejoindre, suivi de près par un Till tout dégoulinant de sueur, et un Flake plus qu’amusé. Instinctivement, je me levai et les félicitai pour leurs efforts, ce qui fit rire Flake qui s’exclama :
« Des efforts ? En répétitions ? Non… Tu nous
féliciteras ce soir. »
Je lui souriais, lui faisant comprendre que bien évidemment, il aura droit à
ses congratulations. Mais Paul passa un bras autour des épaules, me murmurant à
l’oreille :
« Viens, on s’en va…Ça te dit d’aller manger à un petit resto avant de
revenir ici pour le concert ? »
Je ne voulais pas sortir, ni m’afficher. Pourtant je ne voulais pas risquer
de le décevoir, alors, en épouse parfaite, j’approuvais sa demande. Paul prit
le temps de prévenir ses comparses, et ce fut tout à fait au gout de Till qui
ajouta :
« Ah mais si vous sortez diner, vous ne verrez pas d’inconvénient à ce
qu’on se joigne à vous ? »
Je sentais bien que l’enthousiasme de Paul venait de disparaitre. Il voulait
passer un moment en tête à tête avec moi, cependant, je ne refusais pas les
compagnies plus qu’agréables de Till et Flake.
Je regardai avec dégout ce qui trainait dans l’assiette de mon mari. Il avait
un don certain pour ne pas se laisser abattre par l’apparence de certains
aliments locaux. Pourtant, sur la viande parfaitement découpée en cube, une
sauce marron se déversait, me donnant des envies de vomir. Je vis Till ricaner,
rien ne lui échappait à lui, et lorsque je détournai les yeux pour les plonger
dans les siens, il se dissimula derrière un sourire narquois, une lueur de
moquerie brillant dans ses yeux bleus.
Un silence de mort régnait, où seuls les tintements des couteaux et fourchettes rompaient, avec insolence, cette ambiance pesante. Cette atmosphère existait depuis l’annonce de leur fin de carrière. La décision n’avait pas été unanime, mais Till, se trouvant trop ridicule de par son âge, voulait absolument, et contre vents et marées s’il le fallait, se retirer définitivement dans sa réserve de hérons. Bien sûr, Paul avait respecté sa décision, même si elle ne l’enchantait guère. Pendant toute une soirée, j’avais supporté ses complaintes incessantes.
Un silence de mort régnait, où seuls les tintements des couteaux et fourchettes rompaient, avec insolence, cette ambiance pesante. Cette atmosphère existait depuis l’annonce de leur fin de carrière. La décision n’avait pas été unanime, mais Till, se trouvant trop ridicule de par son âge, voulait absolument, et contre vents et marées s’il le fallait, se retirer définitivement dans sa réserve de hérons. Bien sûr, Paul avait respecté sa décision, même si elle ne l’enchantait guère. Pendant toute une soirée, j’avais supporté ses complaintes incessantes.
« Tu te rends compte !? On va devenir quoi nous maintenant ??
A plus de 50 balais on ne sait rien faire !! » S’était exclamé Paul
en rentrant à la maison, furieux.
J’avais relevé la tête de mon journal, et tentais tant bien que mal de le
calmer. Je l’avais pris dans mes bras alors que lui me serrait à peine, il
était tendu comme jamais. Je le comprenais au fond de moi, Rammstein était
toute sa vie, et lui avait apporté bien plus de choses que n’importe quoi d’autre.
« Allons chéri, tu vas pouvoir te reposer un peu, tu en as besoin.
-Me reposer oui, mais après ? Je ferai quoi quand je sombrerai dans la
dépression ? Tu ne peux pas comprendre… »
Il avait raison, je ne pouvais pas comprendre. Je me contentais de fermer la
bouche, et de l’écouter se plaindre encore et encore…
Aujourd’hui, ces silences me pesaient. Que ce soit Flake, Till ou Paul,
aucun ne parlait, je me demandais même pourquoi ces deux-là avaient tant voulu
nous suivre au restaurant. Sans doute de peur de s’ennuyer, non, n’importe
quoi. Je me surpris à rire sur cette pensée, et attirai simultanément tous les
regards.
« Je peux savoir ce qui te fais rire ? Me demanda un Flake qui
avait curieusement perdu tout son sens de l’humour.
-Oh pas grand-chose…J’ai juste connu des veillées funéraires plus amusantes
que ce fichu repas. »
Sur ces belles paroles, je décidai d’ignorer le regard glacial de Paul, et
me levai. Soudain, je sentis une main attraper mon poignet. Une forte poigne et
je dus baisser les yeux, sachant tout de même qui venait de me ralentir.
Derrière moi, Paul bondit de sa chaise, prêt à faire feu si Till ne me faisait
du mal. Il ne fit cependant rien, juste avec ses iris puissants, il me fit
rasseoir. Paul suivit le pas malgré lui. Je sentais bien qu’il lui fallait un
peu d’ambiance pour ne pas s’énerver tout seul. Sous la table, je sentis sa
main se poser sur ma cuisse, se voulant rassurante et compatissante. Puis Till
parla :
« Ce silence nous est nécessaire. Entre nous, il n’y a pas besoin de
mots pour se comprendre. »
Flake hocha la tête, et Paul le regarda étrangement.
« Et les sourires c’est uniquement quand tu es constipé, ou est-ce qu’il
y a d’autres occasions où on peut voir tes jolies dents ? »
Ma répartie sembla choquer mon propre mari, et je ris intérieurement. Je
savais titiller Till et Christian. Au bout de tant d’années, et malgré ce qu’ils
semblaient croire, je commencer à bien les connaitre. Je savais quoi dire pour
provoquer Till, et quoi faire pour troubler Christian. Till se recula un peu
plus dans sa chaise, prenant alors l’air renfrogné.
La tension reprenait place, quand le serveur vint nous apporter le dessert. Bien sûr, surveillant mon régime, je ne pris rien. Paul et Flake non plus. Mais, c’était sans compter sur le vorace en face de moi qui avait choisi le dessert le plus crémeux possible.
Soudain, et sous les yeux de Paul qui n’en demandait pas tant, Till se lécha le pouce où il avait laissé de la crème chantilly, ne manquant pas de bien me montrer toutes ses dents d’une manière tout à fait suggestive. Je détournai le regard, me sentant rougir. Et Till m’acheva.
La tension reprenait place, quand le serveur vint nous apporter le dessert. Bien sûr, surveillant mon régime, je ne pris rien. Paul et Flake non plus. Mais, c’était sans compter sur le vorace en face de moi qui avait choisi le dessert le plus crémeux possible.
Soudain, et sous les yeux de Paul qui n’en demandait pas tant, Till se lécha le pouce où il avait laissé de la crème chantilly, ne manquant pas de bien me montrer toutes ses dents d’une manière tout à fait suggestive. Je détournai le regard, me sentant rougir. Et Till m’acheva.
« Il y aurait des tas de façons où je pourrais te montrer mes dents,
mais je n’oserais les énumérer à une femme mariée…encore moins à une femme
mariée à un de mes meilleurs potes, n’est-ce pas… »
Je regardai mon mari, qui lançait des regards assassins à Till, visiblement satisfait
de lui-même, alors que je sentais sa main se resserrer, presque
douloureusement, sur ma cuisse…
Et bien, quelle ambiance de fou à ce repas ! Ça ne donne fichtrement pas envie d'être à la place de notre protagoniste. On comprend mieux maintenant qu'elle soit lassée de ce genre de spectacle.
RépondreSupprimerJe n'ai pas pu m'empêcher de sourire quand j'ai lu la dernière réplique de Till. C'est tout lui, lol ! Est-ce qu'il n'aurait pas un petit faible pour la femme de son ami ? Je me pose la question ...
Hâte de voir ce que nous réserve la suite !
oulà!! Quelque chose me dis qu'on va avoir droit à un super triangle amoureux avec ce Till qui ne s'entend plus avec sa compagne et qui semble presque faire des avances à notre narratrice ^^
RépondreSupprimerEt Paul désagréable... C'est vrai que c'est étrange mais tu arrives à nous démontrer presque qu'être proche du groupe finalement... Ca fait pas envie!! Et ça, c'était pas gagné d'avance!! xD
Ah, la ptite chanceuse ! J'aime beaucoup cette première partie :)
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