mercredi 21 mars 2012

Chapitre 2

« Ein Weg, Ein Ziel
Ein Motiv
RAMM-STEIN !
Eine Richtung, Ein Gefühl
Aus Fleisch Und Blut Ein Kollektiv

Wer Wartet Mit Besonnenheit,
Der Wird Belohnt Zur Rechten Zeit.
Nun Das Warten Hat Ein Ende,
Leiht Euer Ohr Einer Legende.

RAMM - STEIN! »

Le concert s’acheva dans une pluie de flashs d’appareils photos, des larmes se mêlant aux cris du public. La performance du groupe fut, encore une fois, un franc succès, et, de là où je me trouvais, je trouvais Rammstein de plus en plus majestueux.
Une dernière révérence, et ils se retirèrent tous dans les coulisses. Je ne tardai pas à me lever de ma place, attendant alors que les vigiles veillant à ma sécurité arrivent.

« Ils m’épaterons toujours ! » S’exclama Khira, qui se tenait à mes côtés.

Je lui souris et l’admirais d’éprouver toujours autant d’amour pour ce groupe. Bientôt, je fus amenée dans les loges puantes de sueur, et une personne tout à fait charmante me proposa une coupe de Champagne, que je refusai poliment. En attendant l’arrivée de Paul, Schneider et Oliver, j’assis sur le canapé de cuir noir, tout à fait confortable, et me mis à scruter mes ongles.
Soudain, j’entendis des bruits de pas et des murmures dans le couloir, mais je ne bougeai pas, j’étais bien là où je me trouvais. Puis la porte s’ouvrit et je vis Doom et Olli rentrer, visiblement satisfaits de leur prestation.

« Tiens Sara, tu as aimé la presta ? » Me demanda Olli pendant que Schneider se dirigeait vers la douche.

Je le suivis curieusement des yeux et répondit hypocritement :

« Oh c’était extraordinaire, comme d’habitude ! »

Mais je ne pouvais le duper. Il me lança un regard qui me fit peur, car plein de reproches.

« Ne te fatigues pas. Je sais que tu n’apprécies plus rien venant de nous… »

J’ouvris la bouche pour lui répondre, mais aucun son ne sortit. Ce n’est que lorsqu’enfin, dans ma tête, je trouvais la bonne répartie, que la porte s’ouvrit de nouveau pour laisser entrer un Paul tout guilleret. Bien sûr, dans son état d’esprit actuel, il ne sentit pas le malaise, et vint se placer à côté de moi sur le canapé. Il déposa un baiser tout à fait chaleureux sur mes lèvres asséchées, plus  par la crainte, que par une quelconque déshydratation, et passa un bras autour de mes épaules.

« Alors Liebchen tu as aimé le concert ? » Me demanda-t-il.

 Je vis Oliver lever les yeux au ciel, et partir. Bien sûr, Paul ne le remarqua pas, et attendait impatiemment ma réponse. Je lui fis ‘oui’ d’un signe de tête, et ceci sembla lui convenir, pour mon plus grand bonheur. Puis, il fit mine de se sentir les aisselles, et avec un rire franc, se leva :

« Ouh, il faut que je prenne ma douche, je commence à sentir la crevette ! »

Je ris grâce à sa plaisanterie. C’était bien pour cela que j’avais aimé Paul. Parce que lui seul avait le don de me faire rire avec des futilités. Il m’avait charmé avec son humour naturel et continuait de m’attirer avec la même méthode. Seulement, au fond de moi régnait encore cette lassitude qui me faisait douter de ma propre bonté.
Comme à mes habitudes, je répondis ‘non’ lorsque Paul me proposa de le suivre dans la douche. Pourtant, il ne semblait pas s’en plaindre.

Enfin seule…mais je ne le fus pas longtemps, bientôt Schneider vint me rejoindre, les cheveux trempés et propres. Il ne me posa même pas la fameuse question qui m’incitait à mentir, je crois qu’il me connaissait bien mieux que ça. Juste un regard entre nous, et il vint se placer à côté de moi, là où Paul avait réchauffé le cuir quelques minutes plus tôt. Il glissa ses doigts hésitants sur  ma joue rosée. Ne vous méprenez pas, ce geste est fraternel. Lui et moi avions, depuis beaucoup d’années, une relation tout à fait unique. Je l’aimais inconditionnellement, et je ne pensais pas faire preuve de vantardise en disant que ce sentiment était réciproque.
Enfin, d’une voix délicieusement douce, il parla :

« Tu n’as pas l’air dans ton assiette. Qu’y a-t-il ?
-Désolée Doom mais je ne veux pas… »

Il remua la tête, n’en demandant pas plus. Cependant, il prit la mienne, et la posa sur son épaule. Je me laissai faire.

« Allez, détends toi, tu en as besoin. » Me dit-il.

Et je fis ce qu’il me demandait. Je me détendis, laissant mes problèmes de côtés. Pourtant, je ne pouvais m’empêcher de penser à mon mari. Je n’avais qu’une crainte, celle qu’il se transforme en un vieux pépère aigri une fois sa carrière terminée. Rammstein était son essence, sa raison de vivre. Hélas, je ne pouvais me relever au niveau du groupe et lui apporter cette sérénité. Paul m’avait toujours traité en femme au foyer, une épouse modèle. Et, au fond de moi, je savais que, volontairement, il faisait mine de ne pas voir, ni même entrevoir mon désespoir. Combien de nuits avions-nous passé, tous les deux de notre côté, les yeux grands ouverts, alors que nous avions prétexté une fatigue soudaine. Evidemment, je savais très bien que lui aussi se posait des questions, seulement, même après tant d’années de mariage, je ne pouvais lire ses pensées, même si je pouvais me vanter de bien le connaitre.
Sans même le sentir, mes pensées divaguèrent vers un lieu que je n’avais pas exploré depuis des nuits. Je m’endormis là, sur l’épaule de Doom qui me caressait les cheveux.
Je n’entendis pas Paul revenir dans la loge. Ce n’est que lorsque je sentis mon corps s’allonger avec l’aide de plusieurs bras, et une paire de lèvres sur mon front, que j’ouvris les yeux, m’offrant la vue d’un mari aimant.

Paul me souriait tendrement, ce sourire que j’aimais tant. Puis il me demanda de rentrer me reposer à l’hôtel, qu’il me rejoindrait après l’After-Show. J’acquiesçais à contre cœur, n’aimant pas ce système d’après – concert. Malgré tout, je ne pouvais m’empêcher d’éprouver de la jalousie. Des femmes, pour la plupart dénudées, allaient le toucher, parfois même sans limite, et j’étais impuissante.

Je repartais de cet endroit hostile à mon calme, quand, passant à côté d’une porte, j’entendis une voix, une voix que je connaissais bien : Till.
Curieuse de nature, je m’arrêtai, et planta mon oreille sur la paroi glacée. Il semblait être au téléphone. Je savais très bien que je ne devais pas faire ça, que je ne devais pas écouter, mais c’était plus fort que moi.

« Très bien…………….Tu me rejoins dans une semaine !?!..........Bien sûr, je comprends……Hum hum……..Si tu le dis………Oui c’est ça……..Merci……….Moi aussi……A bientôt. »

Puis j’entendis un bruit sourd, sans doute le téléphone que Till venait de renvoyer dans le décor. Mais je n’eus pas plus de temps pour y songer, car je me trouvais nez à nez avec cette masse imposante de muscle, et toujours ce regard, si puissant. Il fallait que je décampe au plus vite, mais, lorsque je commençai à partir, Till me saisit par le bras, me forçant à me retourner vers lui, et m’entraina dans sa loge.
Mon cœur battait à cent à l’heure, craignant d’être grondée comme une petite fille prise en flagrant délit de vol chez un marchand de bonbons.
Ses yeux me jetaient des éclairs et je me sentis soudainement très mal.  Puis, d’une voix rauque et sévère, Till me demanda :

« Dis-moi, ça t’arrive souvent d’écouter aux portes ? »

De la lave en fusion obstruait mon cerveau, car je ne sus quoi répondre à ça. Je ne faisais que balbutier des paroles incompréhensibles, puis, je vis Till se rapprocher de moi, un sourire dangereux affiché sur son visage ridé et balafré.

« A moins que ma compagnie ne soit si indispensable pour toi…Tu voulais peut être que je te prenne la main dans le sac… »

Mon cœur eut un raté. Instinctivement, je reculai à chacun de ses pas vers moi, mais je me retrouvai bien vite dos au mur. Et Till s’en satisfaisait de tout son orgueil. Lorsqu’enfin il atteignit mon niveau, il posa ses mains de part et d’autre de ma tête, son visage à seulement quelques centimètres du mien, et je me sentais en danger. Oh, je savais qu’il n’allait pas me faire de mal, mais je me sentais défaillir petit à petit. Ce n’était que lorsque je le vis ouvrir la bouche que je me glissai sous son bras, et courut presque, vers la sortie, alors que j’entendais son rire résonner dans le couloir…

3 commentaires:

  1. Ah aaaaaaah, je savais bien que Till mijotait quelque chose ! Avec le comportement qu'il adopte depuis le début de cette fiction, je lui trouve un certain côté machiavélique. Bien que Sara aime Paul, il sait que cette dernière ne reste pas insensible à son charme (et on la comprend fort bien, lol). Je me demande jusqu'où il va bien pouvoir pousser le vice pour qu'elle tombe enfin dans ses bras ... Le saligaud, lol !

    « Ouh, il faut que je prenne ma douche, je commence à sentir la crevette ! » ; tu sais dégoter les répliques qui font mouche toi ! J'adore ! XD

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  2. Je le savais qu'il allait tenter quelque chose ! elle est encore plus chanceuse en tout cas, je veux la suite !

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  3. wooow!! j'aime ce nouveau design!! Les photos du haut sont... mamamia :P

    Bon sinon, à propos de ce chapitre: Till est un con! Putain c'est pas humain de faire ça à la femme d'un pote!!
    Dans cette fiction Till parait vraiment être une bête sauvage, il est difficile à cerner!! C'est un côté vraiment inattendu,j'ai hâte de voir ce que nous réserve la suite!! :)

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