samedi 2 février 2013

Chapitre 7.


Ses doigts abîmés remontèrent le long de ma cuisse, s’attardant bien sur mes porte-jarretelles noirs qu’il avait ardemment désirés. Je relevai la tête, me délectant de sa délicatesse au gout d’interdit, et bientôt, ses lèvres brulantes vinrent trouver refuge au creux de mon cou. Il prit ma jambe avec une lenteur exagérée, et la plaça autour de sa taille, alors que mes doigts terminèrent leur voyage dans sa chevelure sauvage.

« Till, oh Till… » Murmurai-je dans son oreille.

Till ? Mes yeux s’ouvrirent rapidement, ne prenant même pas le temps de s’adapter à la lumière du jour. J’étais perdue, repensant alors avec amertume au rêve que je venais d’avoir. La culpabilité me rongeait, resserrant ses griffes douloureuses autour de mon cœur, à l’image du bras de Paul qui me retenait avec force contre son corps. Lentement, je me retournai vers lui, et je fus surprise de constater que celui-ci était déjà réveillé. A vrai dire, il me souriait, ignorant totalement la honte qui venait de m’envahir. Puis il colla son bassin contre le mien, ses doigts voyageant le long de mon dos, alors que je sentais ses lèvres effleurer mon cou avec délice.

« Alors, comme ça tu fais des rêves érotiques alors qu’on a fait l’amour quelques heures avant ? » Me dit-il, sa bouche toujours collée à ma peau.

Je me refroidis nettement. De toute évidence, j’avais parlé pendant mon sommeil, et je sentais le rouge me monter aux joues. Mais Paul ne se rendit pas compte du mal que cela me faisait, car il grimpa sur moi, ricanant comme un enfant, alors que je sentais sa protubérance réclamer sa délivrance. Je songeais à le repousser, ne voulant pas profiter de l’excitation de mon rêve, mais je me souvins avec remords des conséquences de la dernière fois. Ne voulant pas le faire tomber à nouveau dans les bras d’une autre femme, je m’offris alors volontiers à lui une nouvelle fois.

J’enfilai en vitesse mon foulard, cachant au passage, la nouvelle trace de suçon que Paul avait laissé quelques minutes auparavant, et quitta la chambre sous son regard presque paniqué.
Je venais de lui avouer que pour sauver notre couple, je devais parler à Till, afin de l’éloigner de nous. Bien sûr, Paul n’avait pas vraiment désapprouvé ce choix, mais, ayant moi-même refusé son aide pour me confronter au chanteur, mon époux paraissait dorénavant, beaucoup moins serein que moi.

Voilà maintenant près de deux minutes passées à scruter la paroi blanchâtre dont était faite la porte de chambre de Till, et d’innombrables questions se bousculaient dans ma tête. Maintenant que je me trouvais là, à seulement quelques pas de lui, je ne savais plus vraiment quoi faire, ni quoi lui dire.
Ce fut un geste inexplicable qui me mena à frapper à sa porte, un geste que je regrettai aussitôt lorsque, seulement trois ou quatre secondes après, Till se tenait en face de moi, dans toute sa splendeur. Mon cerveau se mit à tourner au ralenti lorsque je remarquai avec stupeur, que le chanteur n’était « habillé » que par une serviette de bain étroitement enroulée autour de sa taille. Son torse était encore humide alors que ses cheveux rendaient de l’eau qui ruisselait le long de son cou. Il était incroyablement beau, et je dus admettre, avec une honte innommable, que si je n’avais pas été mariée, je me serai laissée tentée par cet homme qui me souriait.

« Je suppose que tu es là pour me parler. » Me dit-il, sans même me dire bonjour.

J’approuvai et Till me fit entrer, après une légère hésitation de ma part, puis je le regardais faire des vas-et-viens entre la chambre et la salle de bain. Il semblait tellement empressé que je culpabilisais presque de le déranger, mais je ne pouvais me dérober maintenant, il était trop tard pour reculer de toute façon.

« Till, on doit parler. » Tentais-je.

Je le vis s’arrêter une seconde, avant de reprendre sa course.

« Mais je t’écoute, je ne fais que ça. » Me répondit-il de la salle de bain.

Son comportement me fatiguait sérieusement, et je soupirai, trahissant mon manque de patience.
Puis le chanteur sortit une dernière fois de la salle de bain, vêtu d’un simple jean noir, et d’un tee shirt de la même couleur, calmant – et je l’en remerciais intérieurement – mes quelques pensées interdites.
Ce n’était qu’au bout de quelques minutes qu’il s’arrêta enfin, une valise posée sur le sol. Il sourit en voyant l’incompréhension s’inscrire sur son visage déjà bien tourmenté.

« Nous ne sommes pas d’ici, tu te rappelles ? » Me demanda-t-il en pointant ses bagages.

 Et je compris en effet que tous ces derniers évènements avaient entièrement effacé mes repères. Paul m’avait aidé, à sa manière, à garder les pieds sur Terre, mais il était vrai qu’il nous restait encore le plus dur à accomplir : retourner à la maison et commencer une vie ‘normale’.
Till vint s’asseoir à côté de moi, me scrutant, m’interrogeant du regard, et je compris qu’il attendait que je parle.

« Que se passera-t-il quand nous serons tous revenus à Berlin ? Quand tout ça sera fini, il se passera quoi, Till ? » Lui demandais-je, pas vraiment sûre quant au choix de mes mots.

Je vis alors son regard s’assombrir légèrement, avant de reprendre une allure sereine. Il avait cependant perdu son sourire carnassier, et je sus que mon incertitude l’avait en partie envahi.
Il remua nerveusement ses jambes, faisant vibrer le lit, avant de répondre, d’une voix plutôt faible :

« Il ne se passera rien. Mais pourquoi me poser cette question à moi, Sara ? »

Pourquoi lui ? Tout simplement parce que mon avenir avec mon mari dépendait en partie de la sagesse de Till. Pourquoi séparer deux vieux amis au moment où ils auraient le plus besoin l’un de l’autre ? Etais-je égoïste de penser que sans Till, Paul et moi aurions plus de chances de continuer à vivre notre mariage dans le bonheur ?
Je n’eus cependant pas plus de temps pour me poser d’avantage de question, car la main du chanteur vint se poser sur ma cuisse ; une chaleur immorale s’emparant de mon bas-ventre, alors que je plongeais mon regard dans le sien.
Soudain, en l’espace de quelques secondes, je me retrouvais allongée sur le lit, les mains de Till voyageant sur ma poitrine, alors que ses lèvres vinrent furieusement attaquer les miennes.
Une partie de moi aimait l’animalité qui émanait de cette montagne de muscles, réclamant avec sauvagerie la propriété de mon corps, alors que ma conscience me hurlait de le repousser. Ce ne fut que lorsque je sentis ma robe se relever au niveau de la taille, que je mis un terme à ce jeu malsain, et offrit à Till la plus grosse gifle de sa vie.

Je me relevais avec empressement, voulant évacuer les lieux le plus rapidement possible.

« Ne fais pas ta Sainte-ni-Touche ! Tu es loin de l’être, Sara. Je sais, je le sens que tu as envie de moi et j’attendrais que tu succombes. Je ne te lâcherai pas comme ça, crois-moi. » Me lança Till, toujours allongé sur son lit, arborant un rictus sournois ainsi qu’une lueur maligne dans ses iris bleutés.

J’ouvris la porte, m’apprêtant à repartir dans la chambre de Paul, quand je me retournai, et dis d’une voix sèche et dénuée de toute émotion :

« Tu as intérêt à te tenir à carreaux Till. Paul n’hésiterait pas à tirer une croix sur toi pour mon bien-être. »

Le chanteur se releva, toujours avec cette assurance énervante et répondit à ma faible menace :

« En es-tu bien sûre ? Paul serait prêt à bien des sacrifices, mais pas celui-là… »

Puis, contre toute attente, ce fut Till qui referma la porte sur ma mine déconfite. Je fus scotchée au sol pendant quelque temps, me remettant de cet interlude qui ne s’était pas vraiment déroulé comme dans mes plans. Mais j’aurais quand même du m’en douter. Till n’était pas le genre d’hommes à écouter les complaintes des uns et des autres, encore moins les miennes. Il fallait que je trouve une autre solution pour l’éloigner de moi.

Sans m’en rendre compte, je refermais la porte de ma chambre, où j’entendis Paul chanter, massacrant une chanson française qui passait alors à la radio, et je dus me retenir de rire. Puis, je décidai enfin de préparer mes affaires, rangeant tout ce qui était encore à ma portée, afin de regagner notre petit chez-nous.
Il fallait à tout prix que je parle du comportement de Till avec mon mari, hors, je redoutais sa réaction. Oh, Paul n’était pas du genre à foncer tête baissée vers les conflits, mais que pouvait-il bien faire contre son ami ? Sans m’en rendre compte, une larme quitta mon œil pour finir écrasée sur ma main, et je doutais soudainement de tout, je doutais de moi, et de ma faculté à résister à la tentation.


3 commentaires:

  1. Et voilà, je me doutais bien que Till allait tenter quelque chose avec notre amie Sara. Toujours aussi sûr de lui, ça en deviendrait presque énervant ! Je suis surprise par la réaction de Sara. Je n'aurais pas cru qu'elle aurait eu le cran de stopper Till dans son approche physique. Elle a réussi à résister à la tentation pour cette fois, mais qu'en sera t-il à l'avenir ? Je pense que les choses se feront tout autrement ...
    Petite phrase à part, j'ai particulièrement apprécié la vision d'un Till fraîchement douché, apparaissant au bas de la porte et ce à moitié dénudé. So hot !
    C'est toujours un plaisir de lire la suite de cette fiction en tout cas !

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  2. Hihi c'est le but :p Je veux que Till énerve les gens xD Quant à la réaction de Sara... Elle a du cran ^^
    La vision de Till...ça fait du bien au moral ça hein ? J'avoue que j'avais l'image en tête aussi xDDDD
    Merci pour ton commentaire miss !

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  3. J'adore ton Till machiavélique et sûr de lui!! Moi aussi j'aurais du mal à résister à la tentation (même si, bon, faut avouer elle n'a pas trop à se plaindre après tout c'est la femme de Paul!!)
    A mon humble avis ce trio n'est pas terminé, Till ne va pas abandonner avant de l'avoir fait craquer, et je ne pense pas que Sara dira quoi que ce soit de ses avances à Paul!
    M'enfin, la suite nous en dira plus... ;)

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