« Paul, s’il te plait, parle-moi. » Demandai-je,
la voix tremblante et mes yeux larmoyants.
Cela faisait maintenant près de cinq minutes que j’avais
rejoint mon mari dans sa chambre. Je l’avais trouvé sur le lit, allongé sur le
dos, les yeux clos. Sans bruit, je m’étais alors approchée de lui, et l’observai.
Sa chemise blanche était légèrement relevée sur sa taille, laissant son ventre
à l’air libre. Je me surpris à sourire à cette vue, il était magnifique.
Mais il avait ouvert les yeux, et je ne pouvais le regarder
plus longtemps ; car une intensité insupportable venaient de remplacer la
douceur de ses iris.
« Je ne sais pas quoi dire Sara. J’ai peur qu’il n’y ait
rien à dire, nous avons fait des erreurs tous les deux, impardonnables pour ma
part, je sais. Et je sais que je t’ai perdue, mais ne me torture pas avec ta
fausse compassion. » Me répondit-il après s’être assuré d’être à nouveau
présentable.
‘Je t’ai perdue’ qu’il m’avait dit. Il pensait réellement
qu’entre nous, plus rien n’était sauvable. Mais pourtant, j’avais une
irrésistible envie de le prendre dans mes bras, de le forcer à me regarder dans
les yeux pour lui faire voir tout l’amour que je lui portais. Et par-dessus
tout, je voulais tellement l’embrasser. Puisque les mots ne suffisaient plus,
et me paraissaient alors si dérisoires, les gestes allaient surement être plus
convainquant. Aussi, et dans un instinct tout à fait animal, je saisis son
visage refroidit par des larmes pourtant sèches, et m’emparai, avec force,
de ses lèvres.
Paul ne réagit pas, et je crus avoir fait une erreur. Or,
lorsque mon esprit eut assimilé ce rejet, et que je m’apprêtais alors à mettre
fin au baiser, mon mari poussa un léger gémissement qui, à la fois me fit chaud
au cœur, mais qui aussi, me fit du mal. J’y entendais de l’envie, mais sentis
aussi le gout du désespoir lorsqu’enfin, Paul eut saisi ma nuque, et plongea sa
langue dans ma bouche.
Sans attendre, je pris les devants, et le força à se
rallonger sur le lit, nos lèvres toujours en contact. Mes battements cardiaques
venaient d’accélérer la cadence lorsque les mains de mon mari trouvèrent refuge
sur mes hanches, les agrippant avec force pour me faire grimper sur lui dans un
élan de désir. Bien sûr, et dans une envie de recoller les morceaux avec lui,
je ne fis pas prier. Je me mis à califourchon sur lui, déboutonnant avec hâte
les quelques boutons de sa chemise, qui me séparaient de sa peau qui m’avait
tant manquée.
« Je veux te faire l’amour Sara. Te prouver que tu es
la seule femme que j’aime… » Me dit Paul, alors qu’il me débarrassait de
mes collants, avec des gestes tendres et calculés.
Je sentais bien qu’il voulait que nos retrouvailles soient
parfaites. Il avait l’air concentré et à la fois passionné, tant il passait du
temps à caresser chaque centimètre de ma peau.
Entre chaque baisers brûlants, je l’entendais murmurer des
paroles, pour la plupart incompréhensibles, mais je n’eus cependant, pas de mal
à entendre les nombreux « je t’aime ».
Enfin, lorsqu’il se replaça sur moi, ce n’était que pour
saisir ma cuisse, la remontant lentement pour, finalement, la coller contre sa
hanche. Puis, dans un soupir mutuel, il me pénétra avec une tendresse subtile, et
j’eus la confirmation que les mots étaient inutiles, nous avions tout dit.
Une dernière poussée frénétique, et Paul jouit dans un
dernier soupir puis tarda à se retirer, voulant profiter de chaque secondes de
l’union de nos deux corps.
Ce fut plus qu’un acte sexuel, je pouvais le sentir à chacun
de ses coups de rein, il transpirait l’amour, et il m’était impossible de
rester insensible à cela. Cependant, et ce à plusieurs moments, je ne pouvais m’empêcher
de voir cette image. Elle me hantait. Même sans l’avoir vu, je voyais en moi le
film de l’adultère de mon homme. Je ne cessais de penser que la veille, il
avait eu des rapports physiques avec une fan.
Depuis maintenant un bon quart d’heure, je regardais Paul
dormir. Il était si beau, si paisible, comme si rien ne pouvait l’atteindre, et
je souris en regardant son visage angélique. Depuis le premier jour je savais
que lui et moi étions faits l’un pour l’autre, il ne pouvait en être autrement.
Je me remémorais avec nostalgie nos premières fois. Notre
premier baiser, qui n’avait rien de romantique, même si le cadre avait été
idéal. Puis il nous a fallu attendre encore des semaines avant de faire l’amour,
là non plus, rien ne s’était passé comme prévu, mais cela restera un des plus
beaux souvenirs de ma vie.
Mais je me souvins surtout de notre première dispute, avant même que nous étions un couple.
Une crise de jalousie de Paul en me voyant avec mon petit copain de l’époque. Oh je me souvenais de son regard perdu quand il m’avait vu arriver main dans la main avec Peter. Je reverrai toujours cette image-là de ce qui allait être mon mari, un bouquet de roses bleues à la main, m’attendant dans un coin du Treptower Park.
J’avais eu à peine le temps de remarquer la disparition de son sourire, que celui-ci était déjà réapparu, de force, bien entendu, me chantant un « Oh je sais que celles-ci sont tes préférées !! Joyeux anniversaire Sara ! »
Mais je me souvins surtout de notre première dispute, avant même que nous étions un couple.
Une crise de jalousie de Paul en me voyant avec mon petit copain de l’époque. Oh je me souvenais de son regard perdu quand il m’avait vu arriver main dans la main avec Peter. Je reverrai toujours cette image-là de ce qui allait être mon mari, un bouquet de roses bleues à la main, m’attendant dans un coin du Treptower Park.
J’avais eu à peine le temps de remarquer la disparition de son sourire, que celui-ci était déjà réapparu, de force, bien entendu, me chantant un « Oh je sais que celles-ci sont tes préférées !! Joyeux anniversaire Sara ! »
Mon anniversaire était pourtant, dans un peu plus de cinq
mois…
Je compris alors comment notre relation fonctionnait. Sur
des malentendus ou des non-dits. Si seulement à l’époque, Paul m’avait déclaré
sa flamme coute-que-coute, même devant Peter, au risque de se prendre une châtaigne,
j’aurai compris depuis déjà bien longtemps que cet homme serait l’homme de ma
vie, et que rien n’allait lui barrer la route pour m’obtenir. Or, et ce à
cause de son manque évident de courage, je ne l’avais toujours vu uniquement
comme mon ami idiot et drôle.
Aujourd’hui, rien n’avait changé. Paul laissait faire les
choses, même celles qui devaient être réglées. Mais il laissait toujours faire
le temps, déniant le fait que certaines s’empiraient, sans jamais en parler.
Voilà où toute cette gaminerie nous avait menés. En le regardant, je sentais
mon cœur battre au rythme de l’amour que je lui portais, pourtant, une chose me
retenait de me livrer corps et âme à lui, surtout avec les erreurs récentes.
Je lui donnais une seconde chance, pour sauver notre
mariage, et surtout, pour ne pas le laisser tomber à un tournant si décisif de
sa vie, mais je ne voulais toutefois pas tomber dans de la pitié malsaine.
Je dus admettre à contrecœur, que la veille, Till m’avait incroyablement attiré. Grâce, et pour Paul, j’avais eu cette résistance à la tentation, mais l’aurai-je toujours autant, quand je voyais le mal que j’avais eu à faire l’amour avec lui, sans voir le visage de cette jeune femme dans ma tête ?
Je dus admettre à contrecœur, que la veille, Till m’avait incroyablement attiré. Grâce, et pour Paul, j’avais eu cette résistance à la tentation, mais l’aurai-je toujours autant, quand je voyais le mal que j’avais eu à faire l’amour avec lui, sans voir le visage de cette jeune femme dans ma tête ?
Pourtant je voulais me battre pour Paul. Je ne pouvais me
résoudre à le laisser, car je ne savais que trop bien ce dont il aurait pu être
capable de faire pour me récupérer. Sous cet air si malicieux et enjoué, se
cachait une vérité beaucoup plus terrifiante. Mon Paul était un homme aux
incertitudes écrasantes, souvent mépris en lâche, ce qu’il n’était cependant
pas.
« Tu n’arrives pas à dormir chérie ? »
Sa voix fatiguée me sortit de mes pensées. Et lorsque je le
vis, tourné vers moi, se tenant sur son coude et la mine inquiète, je ne pus me
retenir de l’embrasser, comme pour le rassurer.
Voilà donc tout ce dont j’avais à lui offrir. Une attention
dévouée et sans faille pour apaiser ses souffrances. Je ne pouvais laisser rien
ni personne se mettre au milieu de notre couple.
C’était pour cela que je pris la décision, et ce, le plus
rapidement possible, de parler à Till, pour éclaircir les choses avec lui. Je
ne pouvais vivre mon histoire en paix, tant que ce rapace nous tournait autour.
Je dois admettre que je suis assez surprise ; je ne pensais vraiment pas que l'on assisterait à des retrouvailles aussi enflammées (ce qui n'est pas pour me déplaire ^^). Tant mieux alors si nos deux âmes écorchées se laissent une seconde chance. Cela dit, on me souffle dans l'oreillette que cela ne sera pas facile pour eux. Je suis sûre et certaine que Till ne lâchera pas le morceau ! Enfin, nous le verrons bien avec la suite. ^^
RépondreSupprimerouhouhou j'ai hâte de voir le dialogue avec Till!! Je ne sais pas pourquoi mais j'ai l'impression qu'il ne se passera pas comme prévu!!!
RépondreSupprimerSinon superbe chapitre encore, un poil lubrique comme j'aime, surtout quand il s'agit de Paul! Je comprend tout à fait Sara et son désir d'arranger les choses! Merde quand on a un mec comme Paul on fait tout pour le garder!!!
:)